Hier soir avec mon coloc’ et son beauf’, on a décidé de manger. Bah oui. Donc on a filé à guillotière se faire un McDo’, ce qui nous a permis de prendre des bières pour le retour. Bref, une fois nos trois burgers respectifs engloutis, je file juste à côté prendre des clopes. Il est 20h30, c’est la queue devant le tabac et le service se fait par l’hygiaphone, le buraliste est barricadé dans son kazmat. Il faut chaud, il y a une vague odeur de pourriture dans l’air et collé contre le mur sous la caisse: un jeune clodo qui fait la manche. Je ne saurais pas dire d’ou il venait, ce qui est sur c’est que dire qu’il est sale comme un peigne serait encore flatteur. Il était quand assis dans des coulés de pisse. Forcément, quand on est adossé à un mûr ou tous les clodos du coin se soulagent ça aide pas. Il emmerde chaque personne qui prend son paquet de clope suivant la vieille méthode du chuignement passif-agressif “Haha je vois bien que t’as des sous tu peux peux pas me dire non“. Perso, je m’en branle, ça m’empèche pas de dormir.
Par contre il semble que ça en gênait d’autres. Un type dont le style savamment dégueulasse oscillait entre le keupon et baba-cool. Ca l’empèche pas d’empester lui aussi. Je me rend compte à ce moment que je suis le seul à avancer dans la queue. Il y a avait quelques filles derrières moi qui restaient collées dos à la station de tramway, pas rassurées. Certaines étaient plutôt pas mal, mais c’est hors sujet. Notre punk commence à emmerder le jeune clodo. Il lui ecrase le pieds et lui pose des questions moralisatrices. “T’as pas mieux à faire que d’emmerder les gens?“, “Tu vois pas que tu fais chier tout le monde?“, “T’as pas de face ou quoi?“ ou “Bouge toi le cul si tu veux du pognon?“ Je n’ai pas tout mémorisé, mais ça ressemblait à peu prêt à ça. A ce moment j’étais juste derrière lui. Personne ne disait rien. Et là, la démonstration par A+B que les donneurs de leçons sont toujours des gros cons.
Au moment ou notre orateur assénait un “Tu peux dire merci à Sarkozy“ (NDB: quel rapport?), la personne devant notre keupon sauce soixante-huitarde prend ses clopes et s’en va. Dans la seconde, la star abandonne le clodo et demande au client fuyant s’il “n’aurait pas une clope“.
Un cas classique de faites ce que je dis, pas ce que je fais. On s’en doutait de toute façon vu qu’il était au moins aussi crade que sa victime. A ce moment, un type, fin de trentaine, d’origine vraisemblablement maghrébine, avec une béquille s’en mêle: “Mais putain, tiens, prends une clope je t’en file une. Par contre tu fermes ta gueule et tu dégages parce que c’est toi qui fait chier tout le monde“. Les projecteurs changent de cibles. Le pirate de tabac s’écrase d’un coup, on entend à peine ce qu’il dit et s’éloigne doucement. Les spectateurs se détendent et laissent leurs monnaie à la loque étendue contre le mur. Quant à l’éclopé, il enchaine encore quelques minutes. Il conclu sa tirade par plusieurs “Je t’encule“.
C’est beaucoup moins classe. A ce moment, je viens d’acheter mes clopes. Le buraliste a l’air blasé, il ne fait même pas gaffe. Quant à notre petit clodo, en 30 secondes, il s’est fait une dizaine d’euros. Je l’enjambe et me tire. Si je devais me retrouver à faire la manche, j’organiserais les escarmouches moi-même. Ca marche toujours d’apitoyer le mouton par la peur.











Yo veille blatte !! Fallait dire que t’avais déménagé de free.fr !! héhé Putain je croyais que t’étais mort !! On se tient au jus ! A plouche !