La mariée était en rouge

Ca y est, un mariage de plus parmi les amis proches. Moi j’ai envie de parler de castration sociale, mais certains sont en désaccord avec ça. Toujours est il que j’ai passé un excellent week-end. Le fait que ça coïncide avec le début des vacances n’y est pas étrangé, mais les mariés nous ont préparé ça aux petits oignons: simple et efficace jusque dans les moindres détails. Ce n’est pas étonnant quand on les connaît.

Ce n’était pas vraiment classique. Pas de cérémonie interminable à l’église (yes !), juste un passage à la mairie ou tout fut réglé en une demi-heure avec en prime “Nothing Else Matters”, entre autre, en fond sonore et une fabuleuse marié vêtu de rouge amenée par son père dans voiture de collection anglaise. La classe.

Après se fut le passage aux choses sérieuses: le vin d’honneur. C’est à partir de là que c’est toujours compliqué pour moi. L’alcool me rend idiot et me faire dire… potentiellement n’importe quoi. Je m’en fiche entre pote, mais dans la mesure ou toute la famille est présente, je me vois mal être à l’origine d’un “Mais c’est qui celui-là?” de la part de la belle-mère à l’attention de mon pote fraîchement ficelé. J’essaie donc de me tenir. Je m’envoie quelques coupettes et j’entre en jeux… Sans échauffement.

Je file à la discrète refaire le plein de champagne et vois un de mes potes en discution avec, entre autre, une mamy. L’occasion est trop belle, je lui fais un clin d’oeil pervers en désignant la grand-mère. Il est obligé de se pincer les lèvres. Je me marre fier de ma connerie et vais prendre mon verre. Quelques minutes plus tard, je discute de l’internationale situationniste avec la témoin de la marié. J’assure tranquillement la conversation et lorsqu’elle me dit m’avoir vu désigner la grand-mère 5 minutes plus tôt. Je sens comme une goutte pipi qui pointe… Je tente une esquive maladroite: “ouai nan mais parce que en fait je veux dire ben c’est une femme comme les autres qui a droit de connaître l’amour…”. Ce à quoi elle a répondu platement: “Ouai enfin c’est ma grand-mère.”

Il ne m’aura donc pas fallu longtemps. C’est con, sa copine était super mignonne. Je lui avait demandé du feu juste après la cérémonie en me demandant si elle pouvait mettre ses pieds derrière sa tête. Elle est blonde, a les yeux bleus, un sourire à 20 plaques et de longues jambes velues. Selon mes critères, elle est parfaite sauf qu’elle ne boit pas d’alcool, qu’elle fume, que je ne comprends son langage et que c’est une femme. J’ai tout de même réussi à lui taper des clopes tout au long de la soirée. Je crois tout de même avoir fait le tour du champs sémantique de la beauté pour réussir à être alimenté en cigarettes toute la nuit. Vous imaginez ce que j’aurai du faire si j’avais voulu du sexe? Ce n’est pas bien grave, j’étais surtout là pour faire la nouba et picoler, ce que j’ai réussi à faire sans me rendre trop ridicule dans l’ensemble. Je passerai sur le moment ou j’ai dit au témoin gay que j’aurais léché son pantalon imbibé de champagne si on venait à manquer d’alcool. J’ai aussi discuté impressionnisme avec des enfants d’une dizaine d’années. J’ai arrêté quand l’un d’entre eux m’a finalement demandé si j’en avais sur moi.

Certains étaient plus entamés que moi, ce qui était très bien car on à bien rigolé. En fait, je n’ai croisé personne de foncièrement désagréable. Au pire je n’avais aucune affinité, au mieux j’ai eu devant moi des personnes qui gagnent vraiment à être connue (traduction: “bourrées et super marrantes”). Compte tenu de la centaine d’invités, ça mérite d’être remarqué et porté au crédit des mariés. Pour juger quelqu’un, un coup d’oeil aux personnes qui l’entoure est toujours instructif. C’est finalement très cohérent… Ils se sont bien trouvés tous les deux.

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