Archive for décembre, 2007

Une pétoute

Je me posais la question l’autre fois, qu’est ce que ça peut bien vouloir dire ‘grenelle’? Je risque de passer pour un con car c’était partout dans les médias il y a peu de temps, mais je ne sais toujours pas ce que ça veut dire. J’ai cherché dans le dictionnaire, sans succès. Nos têtes pensantes se sont donc misent au néologisme? Franchement le nom n’est pas des plus explicite. En plus, c’est apparemment masculin et ça prend ‘L-L-E’. Je sens le n’importe quoi colporté par nos amis les abrutis de journalistes.

Peut être que justement que cela ne veux rien dire, auquel cas cela allait très bien au grenelle de l’environnement qui n’a servi absolument à rien. Je crois qu’on se fou de nos gueules. Je n’ai rien contre les néologismes lorsqu’il sont compréhensibles et autant que possible amusants. Ainsi, lorsqu’un fameux saltimbanque d’origine maghrébine utilise le mot ‘beaugossité’, on comprend, on rigole et ça n’a pas vocation de passer dans le langage courant. Mais ‘grenelle’…

Ah, alors il semble qu’il y ait une définition sur wiktionary créée fin octobre. Regardez la page de discussion, personne ne sait vraiment ce que c’est. C’est donc tiré d’un nom propre, référence à mai 68. Il est tout de même précisé qu’il s’agit d’un néologisme, mais je me demande quel con a décidé d’utiliser ce mot plutôt que ‘colloque’, ‘conférence’ ou ’sommet’… Je ne veux pas accuser à tort mais ça viendrait de l’entourage du nain de l’élysée que ça ne m’étonnerait pas. Enfin après ‘courriel’, ‘cédérom’ et autres conneries du genre, il ne faut pas s’étonner.

Je vais inventer un mot pour l’occasion. Cela me permettra de définir ce que je ferais volontiers aux couillons qui inventent ce genre de conneries et ceux qui les répètent sans même savoir ce qu’ils disent. Attention, vous allez voir ce qu’est capable de produire un cerveaux exceptionnel et bien éclairé comme le mien. Allons-y, ce mot est: ‘pétoute’. Il s’agit d’une contraction de ‘pétée’ et de ‘tout à l’égout’. Une bonne définition pourrait donc être: ‘viol brutal et douloureux du rectum’. Certains se disent déjà que je pourrais être un peu plus ouvert d’esprit, classe et moins radical. Oui, j’admet que ce n’est pas très grenelle.

In memoriam: Epson

Il nous a quitté ce week-end. Il a eu la peaux dur. Il a tenu 19 ans. C’est seulement maintenant que je me rend compte que c’est un des rares à m’avoir vu grandir. Etonnant qu’il n’ai pas cané plus tôt.

Epson, c’était le chien d’une copine. Un genre de sanglier de la taille d’un sac à main. On ne faisait pas gaffe à lui, mais il était toujours là quand on allait chez elle faire des conneries. Il a tout vu: nos premières murges, nos premières clopes, nos premiers vomis, nos premiers bedos… bref tout. On ne faisait pas trop gaffe à lui, mais quand c’était le cas il avait l’air de râler comme un petit vieux et ça nous faisait rire. Il avait une spécialité le merdeux. Il rentrait discrètement dans la pièce sans se faire voir. Ca voulait dire qu’on était tous dans un état de délabrement avancé. Il se faufilait donc jusque sous la table et là… il lâchait une vilaine caisse. Evidement, c’était violent sur les naseaux et les accusations fusaient. Après un moment, il sortait de dessous la table, nous regardait d’un air de dire “bande de petits cons“ et foutait le camp.

Il avait toujours l’air grincheux. Quand on l’appelait il ne venait pas. Si on insistait, il s’approchait et râlait. Evidement, ça ne s’arrangeait pas avec l’âge. Sur la fin, il était trois-quart aveugle, deux-tiers sourd et à voir son déplacement en diagonal, il devait être blindé d’arthrite ou quelque chose du genre. En tout cas, il luttait. Lorsqu’on l’appelait, il arrivait deux mètre à côté de la cible et se mettait à aboyer après la porte.

Après 19 ans, il était temps pour lui de partir. Alors ce week-end, il a lâché un dernier pet et s’en est allé.

Entretien: nom masculin – 1. bain de boue.

Hier soir, j’ai repassé un entretien. Le troisième pour un même poste. C’est monsieur le président directeur général qui me recevait. Et ça ne s’est pas bien passé… pour lui. Je ne sais pas trop quoi penser de ma prestation, ce qui est sur, c’est que la sienne était nulle et que je n’ai aucune envie de bosser pour ce gars. Ce faire prendre de haut est aussi rédhibitoire que d’avoir affaire avec quelqu’un qui ne vous veut que du bien. Les recruteurs ne cessent de nous juger par tous les moyens possibles, mais ils oublient un peu vite que l’inverse est vrai.

Il était enfoncé dans son fauteuil, comme moi dans mon canapé. Il avait une main posé sur la table dont il se servait parfois pour consulter mon cv et il pivotait sur sa chaise de droite à gauche de manière un peu désinvolte. Contrairement à lui Je me tient droit. Une fois de plus, je me fais prendre pour un poussin tombé du nid qui cherche son premier job. Je me suis dit que j’allais avoir droit à une leçon de vie gratuite de sa part avant la fin de l’entretien. Ca n’a pas loupé…

Il m’a posé des question sur mon parcours, puis sur mes parents. Il m’a demandé pourquoi j’en suis là aujourd’hui. Et m’explique par quelques exemples d’employés pourquoi je ne devrais faire que de l’informatique dans mon temps libre. Il me secoue un peu, c’est normal. Cela dit, après un moment à me justifier, car c’était de ça qu’il s’agissait, je me retenais de lui dire qu’il s’agissait du troisième entretien et que si ma candidature lui semblait si peu alléchante, il n’avait pas à me faire venir. Je me suis contrôlé, mais il a fini par m’expliquer qu’en tant que PDG, j’aurai pu mettre une cravate pour le rencontrer. Un costume et un rasage de prêt ne suffisait donc pas à son illustre personne. Je lui explique que je préfère éviter le port de la cravate pour être plus à l’aise, ce qui vrai et que ses collaborateurs (comme il les appel) m’avaient reçu dans les même conditions. Je ne postule pas pour un poste de commercial. Il m’a alors conseillé pour mes futurs entretiens de venir comme ça au premier puis de faire plus d’efforts aux suivants. C’est encore plus con que de ne faire aucun effort. Moi, je comprends que, selon lui, il mérite plus d’égards que ses collaborateurs. Ce sont des labradors? Il m’a également reproché de ne pas connaître sa société de A à Z, parce que ça lui “coûte un argent dingue” de mettre des informations sur son site. Pour moi “vu à la télé” n’est pas un argument de vente. Il n’y a pas de doute, ce fougueux président aime renifler ses propres pets.

Après une heure de “ça ne m’intéresse pas”, “vous ne devriez pas dire ça” ou “pourtant vous vous exprimez bien” de sa part, je me suis rendu compte que j’étais saoulé. Le coup final a été donné lorsqu’il m’a dit que mes prétentions étaient élevées pour un poste en province. C’est amusant car nombre de mes connaissances disent que je me sous-vends, cette fois incluse. Au final, je sais que ça n’a pas été catastrophique pour moi. Ce n’est pas gagné, c’est sur, mais j’ai défendu mon bifteck. Cependant, j’ai maintenant un étrange cas de conscience. Je nourri l’espoir qu’il ne m’embauche pas car je crains de dire oui… Je n’ai pas dormi de la nuit.