Entretien: nom masculin – 1. bain de boue.

Hier soir, j’ai repassé un entretien. Le troisième pour un même poste. C’est monsieur le président directeur général qui me recevait. Et ça ne s’est pas bien passé… pour lui. Je ne sais pas trop quoi penser de ma prestation, ce qui est sur, c’est que la sienne était nulle et que je n’ai aucune envie de bosser pour ce gars. Ce faire prendre de haut est aussi rédhibitoire que d’avoir affaire avec quelqu’un qui ne vous veut que du bien. Les recruteurs ne cessent de nous juger par tous les moyens possibles, mais ils oublient un peu vite que l’inverse est vrai.

Il était enfoncé dans son fauteuil, comme moi dans mon canapé. Il avait une main posé sur la table dont il se servait parfois pour consulter mon cv et il pivotait sur sa chaise de droite à gauche de manière un peu désinvolte. Contrairement à lui Je me tient droit. Une fois de plus, je me fais prendre pour un poussin tombé du nid qui cherche son premier job. Je me suis dit que j’allais avoir droit à une leçon de vie gratuite de sa part avant la fin de l’entretien. Ca n’a pas loupé…

Il m’a posé des question sur mon parcours, puis sur mes parents. Il m’a demandé pourquoi j’en suis là aujourd’hui. Et m’explique par quelques exemples d’employés pourquoi je ne devrais faire que de l’informatique dans mon temps libre. Il me secoue un peu, c’est normal. Cela dit, après un moment à me justifier, car c’était de ça qu’il s’agissait, je me retenais de lui dire qu’il s’agissait du troisième entretien et que si ma candidature lui semblait si peu alléchante, il n’avait pas à me faire venir. Je me suis contrôlé, mais il a fini par m’expliquer qu’en tant que PDG, j’aurai pu mettre une cravate pour le rencontrer. Un costume et un rasage de prêt ne suffisait donc pas à son illustre personne. Je lui explique que je préfère éviter le port de la cravate pour être plus à l’aise, ce qui vrai et que ses collaborateurs (comme il les appel) m’avaient reçu dans les même conditions. Je ne postule pas pour un poste de commercial. Il m’a alors conseillé pour mes futurs entretiens de venir comme ça au premier puis de faire plus d’efforts aux suivants. C’est encore plus con que de ne faire aucun effort. Moi, je comprends que, selon lui, il mérite plus d’égards que ses collaborateurs. Ce sont des labradors? Il m’a également reproché de ne pas connaître sa société de A à Z, parce que ça lui “coûte un argent dingue” de mettre des informations sur son site. Pour moi “vu à la télé” n’est pas un argument de vente. Il n’y a pas de doute, ce fougueux président aime renifler ses propres pets.

Après une heure de “ça ne m’intéresse pas”, “vous ne devriez pas dire ça” ou “pourtant vous vous exprimez bien” de sa part, je me suis rendu compte que j’étais saoulé. Le coup final a été donné lorsqu’il m’a dit que mes prétentions étaient élevées pour un poste en province. C’est amusant car nombre de mes connaissances disent que je me sous-vends, cette fois incluse. Au final, je sais que ça n’a pas été catastrophique pour moi. Ce n’est pas gagné, c’est sur, mais j’ai défendu mon bifteck. Cependant, j’ai maintenant un étrange cas de conscience. Je nourri l’espoir qu’il ne m’embauche pas car je crains de dire oui… Je n’ai pas dormi de la nuit.

2 Responses to “Entretien: nom masculin – 1. bain de boue.”

  1. Quel boulet ce recruteur.
    T’aurais dû lui dire que t’es un ami proche de Môssieur Christian Troy, ça l’aurait calmé 8-)
    A bientôt pour des mousses en matant des réplicants

  2. analog dit :

    Même avec un de tes grogs, t’as pas dormi ?