In memoriam: Epson

Il nous a quitté ce week-end. Il a eu la peaux dur. Il a tenu 19 ans. C’est seulement maintenant que je me rend compte que c’est un des rares à m’avoir vu grandir. Etonnant qu’il n’ai pas cané plus tôt.

Epson, c’était le chien d’une copine. Un genre de sanglier de la taille d’un sac à main. On ne faisait pas gaffe à lui, mais il était toujours là quand on allait chez elle faire des conneries. Il a tout vu: nos premières murges, nos premières clopes, nos premiers vomis, nos premiers bedos… bref tout. On ne faisait pas trop gaffe à lui, mais quand c’était le cas il avait l’air de râler comme un petit vieux et ça nous faisait rire. Il avait une spécialité le merdeux. Il rentrait discrètement dans la pièce sans se faire voir. Ca voulait dire qu’on était tous dans un état de délabrement avancé. Il se faufilait donc jusque sous la table et là… il lâchait une vilaine caisse. Evidement, c’était violent sur les naseaux et les accusations fusaient. Après un moment, il sortait de dessous la table, nous regardait d’un air de dire “bande de petits cons“ et foutait le camp.

Il avait toujours l’air grincheux. Quand on l’appelait il ne venait pas. Si on insistait, il s’approchait et râlait. Evidement, ça ne s’arrangeait pas avec l’âge. Sur la fin, il était trois-quart aveugle, deux-tiers sourd et à voir son déplacement en diagonal, il devait être blindé d’arthrite ou quelque chose du genre. En tout cas, il luttait. Lorsqu’on l’appelait, il arrivait deux mètre à côté de la cible et se mettait à aboyer après la porte.

Après 19 ans, il était temps pour lui de partir. Alors ce week-end, il a lâché un dernier pet et s’en est allé.

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