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Open space entering through my back door

Encore ce foutu grincement de porte à l’autre bout de la salle. Chaque ouverture me rapproche un peu plus du moment ou je vais retourner mon bureau dans l’open space qui me sert de lieu de travail.

Le brouhaha constant de conversations téléphoniques, l’imprimante qui crache des tableaux excel ou la sonnerie de portable débile d’un gars du support qui a oublié de passer en vibreur. Impossible de se concentrer sur ce mail super important à envoyer pour décider de qui viendra à la prochaine réunion. Vous savez la réunion ou on mettra tous les éléments ensembles pour faire une checklist des points à gérer pour la prochaine gate du projet. C’est quoi le projet en plus? Rationalisation des applications de trucs… Consolidation des infrastructures je sais pas quoi… Ca va vraiment se voir que je ne pane rien et surtout que je m’en tape.

Ce n’est pas possible que je sois le seul. Combien d’autre dans ce foutu openspace font comme moi. Combien se vissent devant l’écran à se donner l’air occuper? Je ne peux pas être le seul. J’ai aperçu des sites web qui ne ressemblaient pas à l’intranet corporate sur certains écrans. Ils ont vite disparu à la faveur d’un bon vieux alt-tab, mais ils étaient là. Il y en a bien qui ont autant envie que moi de dire à certains que leurs process que personne n’applique, ça nous en secoue une sans bouger l’autre.

Reste donc une question à poser: comment bouger le cocotier? Il est hors de question que je m’éternise ici et je ne peux pas compter sur l’intérèt que l’on me portera puisque je ne suis qu’une fourmi dans la fourmilière. Et si parlais très fort au téléphone pour emmerder tout le monde? Non, trop visible et personne ne ferait gaffe. Je pourrais commencer un régime de fayot pour leur faire sentir que je suis mécontent. Non, la source est difficilement identifiable. Je saboterais bien les chiottes, mais il y a déja un soupeur qui bourre les urinoirs de PQ. Le pire est que tout le monde crois que c’est un emmerdeur. Je suis le seul à me dire que c’est un pervers…

Et si je devenais souriant? Non, c’est débile, on me prendrait au mieux pour un cinglé, au pire pour un lèche cul. Je ferais bien du mauvais boulot, mais dans la mesure ou l’on me demande de brasser de l’air, ca ne changera rien. Je passe d’interminables réunions à ne rien comprendre, je ne dis rien et regarde dans le vide. Tout le monde s’en cogne. Je suis bel et bien prisonnier ici.

L’autre jour, une nana un peu plus loin s’est levée de son siège, visiblement mal à l’aise. Elle s’est dirigée vers la fontaine. Elle est en fin de trentaine, rousse aux cheveuxcourts. Elle est un peu ronde, mais ses lunettes sont toujours soutenues par un sourire. Lorsqu’elle a enfin eu son verre d’eau, elle s’est pliée en deux. Elle avait du mal à respirer et sanglotait. Je l’ai entendu chuchoter difficilement « je vais mourir ». J’ai été le premier à me rendre vers elle, calmement, ses collègues ont regardé interloqué un moment avant de bouger. J’ai ramené sa chaise. Elle faisait une crise de panique, j’en étais presque sur car elle n’avait pas de douleur dans le bras… Comme je la comprends. Le travail c’est la santé. Je ne sais pas ce que nous faisons ici, mais ce n’est pas du boulot. Après deux semaines à me laisser mariner, un « collègue » a enfin décidé l’autre fois de m’expliquer ce que je suis supposé faire: « Moi par exemple, je passe ma journée au téléphone et j’organise des réunions ». Je n’ai pas vu de cicatrice, mais il doit bel et bien être trépané. Oui il y a de quoi paniquer.

Bon, j’y retourne, un nain me saoule pour que je remplisse mon compte rendu d’activité. La révolution attendra…

Le quotidien de la crise

On nous rebat les oreilles avec la crise. Ok, on a compris, c’est le boxon, il faut que nous aillons peur. Ce qui est intéressant est la manière dont cette crise se manifeste dans notre quotidien de quidams qui ne brassons pas des millions. Dans ma boite, on a pu distinguer plusieurs étapes. Tout d’abord, la déconnade à la machine à café: « C’est le boxon les mecs, l’indice de valorisation du pognon tout ça se pète la gueule – hahaha ». Nous avons ensuite les managers qui font la gueule et ne disent plus rien à personne: « C’est le boxon les mecs, le chef dis rien et tous les projets sont bloqués – ça daube ». Arrive ensuite les mesures dictées par le corporate tout là haut. Cela peu se résumer par: « Par défaut on vire tout le monde, nous verrons au cas par cas qui reste ». A partir de là, ça rit jaune à la machine à café: « C’est vraiment le boxon, on va pas tous rester – J’espère partir plutôt que rester avec toi pour faire le boulot de 4 personnes. »

A l’heure d’aujourd’hui, personne ne sait comment il va être bouffer. Ce qui est sur, c’est que si on lui mettait une olive dans le derrière, mon chef nous sortirait deux litres d’huiles. Il y aussi le cas des penseurs. Oui, car une fois que la prod sera réduite, il faudra bien que les glandouillous des études mettent les mains dans le cambuis. Vous savez, ce sont ces gars qui ont les postes de planqués et qui se gardent les projets intéressants tout en nous prenant pour des nazes. Je les appel affectueusement « les manches à couilles ». Il vont en chier. Je me marre déjà. Finalement, la crise, c’est du concret.

MAJ: même les pétasses doivent compter avec la crise… Mais ou va le monde?

Un mois de job

Cela fait maintenant deux mois que j’ai commencé mon nouveau job. Rien de neuf à l’ouest: C’est aussi passionnant qu’un bouton d’herpès, mais ça paye pas mal. Mes collègues sont à peu prêts sympa, sauf le mange-boule. Je l’aime pas lui. Chaque fois qu’il l’ouvre j’ai l’impression d’entendre: « Bonjour, je suis le faillot carriériste du coin. Merci de m’indiquer le prochain pénis pour que je l’installe dans ma bouche ». Ce qui est vraiment pénible est qu’il essaye de me faire dire des saloperies sur le job pour aller le répéter aussi sec. C’est cousu de fil blanc donc je ne suis pas prêt de tomber dans le panneau. Et puis honnêtement, il n’apprendra pas grand chose, les seules choses que j’ai en tête sont: un épisode de l’agence tout risque, des seins et les oeufs en meurette avec une sauce au vin blanc et à l’époisse que je me suis envoyé l’autre jour. Oui le romantisme me colle à la peau.

Tout se passe correctement, mais c’est quand même bien ennuyeux. Je ne me fais pas remarquer en attendant que les choses évoluent vers plus d’admin linux. Pas de commentaires foireux sur le foot à la machine à café. Pas de remarque sur tel ou tel personne. Et surtout, pas le moindre mot de travers à propos du job. En tout cas j’essaye. Il y aurait pourtant des choses à dire.

Quoiqu’il en soit, maintenant j’en suis sur, le monde du travail est un milieu déprimant et superficiel, remplit de râleurs, de faillots et de salopards ambitieux prêts à vous pirater votre boulot ou vous mettre dans la merde à la moindre occasions. C’est aussi un milieu ou les personnes compétentes sont rares et dénigrées et ou finalement la qualité de son travail n’a que peu de valeur. Mais il y a aussi un mauvais côté.

Premier jour: un pot

J’ai fait mon premier jour cette semaine. En fait, j’en ai fait deux étant donné que je suis prestataire, mais seul le second compte: chez le client. Lors de la petite visite des locaux, j’ai systématiquement entendu: « T’as bien choisi ta journée, y a un pot aujourd’hui. » J’y ai eu droit un total de 23 fois. Evidement, lorsque l’heure fatidique de la picole gratuite a sonné, j’ai clairement déprimé car il était hors de question que je boive de l’alcool et que je me transforme au boulot dès le premier jour.

Déprimé n’est pas le terme correct définissant ce que j’ai ressenti en voyant les dizaines de bouteilles de rouges et les tables remplis de charcuteries grasses et de fromages qui font fondre les gencives. J’ai pété un plomb. J’ai mangé, moindre mal, mais je n’ai pas bu une goutte d’alcool. Au moment du café, le lourd a amené les digestifs. Le lourd, c’est ce mec que tout le monde connaît. Celui qui a tout le temps une blague nulle a raconter et qui la ferme jamais. Au restaurant, on prie pour ne pas être côté de lui. Bref, le lourdingue local amène des trucs bizarres genre poire, bénédictine et autres white-spiritueux en annonçant solennellement « Le corps du christ! ». Un certains nombre avaient l’élocution difficle pendant que je me contentais d’un jus d’orange. Ca a duré deux heures. Putain de premier jour.

Pour couronner le tout, parmis les personnes que j’ai rencontré, il y avait un gars qui me connaissait: on a fait la même école. Il était dans la promotion suivant la mienne. On discute et me demande mon nom un peu géné car il ne s’en rappel plus. Je lui dis, mais il ne percute pas. Tout à coups il s’écrit « Ah mais ouai tout le monde t’appelait blatte! ». Je n’ai pas maîtrisé le « ta gueule » qui a suivi. Plus tard, à la fin de l’apéro, je l’ai recroisé. Il me dit que ça va bien se passer pour moi ici car il a commencé a dire à tout le mode que j’étais cool en racontant des histoires de notre époque estudiantine. Le mec à côté de lui me regardait avec un sourire en coin. Je ne suis pas sorti du sable… Putain de premier jour.

Faisons court…

J’ai un job! WAAAAAHOOOOOOUUUUUUUUUU!!!!!!

Les responsables de pavupapri.net souhaitent présenter humblement leurs excuses en raison de la catastrophe survenue lors de la célébration de blatte. En effet, lorsque celui-ci s’est couvert de whisky pure malt et a pressé son corps nu sur la fenêtre du salon, il ne pouvait prévoir que les conductrices, ainsi que quelques homosexuels, passant sur le boulevard voisin arrêteraient instantanément leurs véhicules au mépris de la circulation pour former une pyramide humaine et tenter d’atteindre notre fidèle blatte au deuxième étage. Nous adressons donc nos condoléances aux familles des victimes du carambolage géant qui a eu lieu. Une pensée toute particulière va à mamie Marguerite, 83 ans et résidente de l’immeuble d’en face, qui en voyant le corps de granite de blatte a tenté de le rejoindre par un bon exceptionnel mais néanmoins insuffisant. Elle a en effet achevé sa course sur le pare-brise d’une 307 tuning violette avec jantes alliages, pneus de 20 pouces et néons verts sous le châssis, ce qui est un mal pour un bien.

Blatte a eu ses quelques mots touchants pour les victimes: « j’m’en branle, j’ai un taf », avant de retourner méditer sur la filmographie de son maître à penser, Nacho Vidal, en compagnie de sa fidèle bouteille de Jack Daniel’s.