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Un bon chômeur est un chômeur méprisé

Dancing monkeysEn un peu plus de trois mois, j’ai passé neuf entretiens d’embauches. C’est une moyenne tout à fait correct, mais évidement aucun n’a abouti sur un job. Soyons plus précis. Sur ces neuf entretiens, aucun n’a été obtenu en réponse à une annonce ou par candidature spontanée. Tous ont été obtenu à l’initiative des recruteurs qui ont vu mon CV en ligne, à l’exception d’un job ou une connaissance a fait suivre. Pour l’un de ces entretien, la réponse a été: “on va vous embaucher, mais pas tout de suite”. J’ai eu un premier rappel pour me prévenir du retard qu’ils allaient prendre il y a de cela un mois. Aujourd’hui, je n’ai aucune nouvelle. C’est également le cas de tous les autres entretiens: pas de signe de vie. Une autre façon de dire “On s’en fou de votre gueule”.

Je suis en rogne. On me fait déplacer pour passer des entretiens, souvent loin de chez moi et avec les frais que ça implique (Paris, Marseille…), vous mettez le costume qui va bien, vous êtes polis, vous vous montrez intéressé par le job que l’on vous fait miroiter et ces messieurs dames recruteurs et autre RH ne prennent même pas la peine de vous dire si vous n’avez pas été retenu. Passe encore pour une candidature spontanée, mais lorsque c’est eux qui me contactent et me font venir, ils pourraient avoir la politesse de fournir une réponse, même brève, même tardive après l’entretiens. Un coup de téléphone? Un mail? Je ne m’offusquerais pas d’un simple SMS. Pas la peine. un chômeur n’est qu’une denrée facilement remplaçable.

Ca se pratique également de plus en plus dans le milieu professionnel pour les appels d’offres. Vous bossez sur une réponse et l’émetteur ne daigne pas signifier aux entreprises qui ont répondu qu’elles n’ont pas le contrat. Tout le monde a été élevé chez les porcs ou quoi? Ca me rappel la fois ou j’ai appelé un restaurant pour annuler ma réservation car j’avais un empêchement. La nana qui m’a répondu m’a dit merci cinq ou six fois avant que je ne raccroche. “Plus personne ne prévient” disait-elle. En plus, je m’étais excusé. Je dois être un peu con.

Entretien: nom masculin – 1. bain de boue.

Hier soir, j’ai repassé un entretien. Le troisième pour un même poste. C’est monsieur le président directeur général qui me recevait. Et ça ne s’est pas bien passé… pour lui. Je ne sais pas trop quoi penser de ma prestation, ce qui est sur, c’est que la sienne était nulle et que je n’ai aucune envie de bosser pour ce gars. Ce faire prendre de haut est aussi rédhibitoire que d’avoir affaire avec quelqu’un qui ne vous veut que du bien. Les recruteurs ne cessent de nous juger par tous les moyens possibles, mais ils oublient un peu vite que l’inverse est vrai.

Il était enfoncé dans son fauteuil, comme moi dans mon canapé. Il avait une main posé sur la table dont il se servait parfois pour consulter mon cv et il pivotait sur sa chaise de droite à gauche de manière un peu désinvolte. Contrairement à lui Je me tient droit. Une fois de plus, je me fais prendre pour un poussin tombé du nid qui cherche son premier job. Je me suis dit que j’allais avoir droit à une leçon de vie gratuite de sa part avant la fin de l’entretien. Ca n’a pas loupé…

Il m’a posé des question sur mon parcours, puis sur mes parents. Il m’a demandé pourquoi j’en suis là aujourd’hui. Et m’explique par quelques exemples d’employés pourquoi je ne devrais faire que de l’informatique dans mon temps libre. Il me secoue un peu, c’est normal. Cela dit, après un moment à me justifier, car c’était de ça qu’il s’agissait, je me retenais de lui dire qu’il s’agissait du troisième entretien et que si ma candidature lui semblait si peu alléchante, il n’avait pas à me faire venir. Je me suis contrôlé, mais il a fini par m’expliquer qu’en tant que PDG, j’aurai pu mettre une cravate pour le rencontrer. Un costume et un rasage de prêt ne suffisait donc pas à son illustre personne. Je lui explique que je préfère éviter le port de la cravate pour être plus à l’aise, ce qui vrai et que ses collaborateurs (comme il les appel) m’avaient reçu dans les même conditions. Je ne postule pas pour un poste de commercial. Il m’a alors conseillé pour mes futurs entretiens de venir comme ça au premier puis de faire plus d’efforts aux suivants. C’est encore plus con que de ne faire aucun effort. Moi, je comprends que, selon lui, il mérite plus d’égards que ses collaborateurs. Ce sont des labradors? Il m’a également reproché de ne pas connaître sa société de A à Z, parce que ça lui “coûte un argent dingue” de mettre des informations sur son site. Pour moi “vu à la télé” n’est pas un argument de vente. Il n’y a pas de doute, ce fougueux président aime renifler ses propres pets.

Après une heure de “ça ne m’intéresse pas”, “vous ne devriez pas dire ça” ou “pourtant vous vous exprimez bien” de sa part, je me suis rendu compte que j’étais saoulé. Le coup final a été donné lorsqu’il m’a dit que mes prétentions étaient élevées pour un poste en province. C’est amusant car nombre de mes connaissances disent que je me sous-vends, cette fois incluse. Au final, je sais que ça n’a pas été catastrophique pour moi. Ce n’est pas gagné, c’est sur, mais j’ai défendu mon bifteck. Cependant, j’ai maintenant un étrange cas de conscience. Je nourri l’espoir qu’il ne m’embauche pas car je crains de dire oui… Je n’ai pas dormi de la nuit.

Got hack?

Ca y est, ça m’est arrivé et ca me bousille le moral… Je me suis fait piraté un serveur. Pour un administrateur, c’est comme si Rocco avait une éjaculation précoce. Apparemment, petite salope (c’est le nom que j’ai donné à ce fumier de pirate) a réussi à casser mon mot de passe ssh. Non, je n’avais pas mis “soleil“ ou “zizi“. Et je fais toujours gaffe à mes security update.

Toujours est il qu’il est passé et qu’il a commencé à se servir de mon serveur comme relais pour attaquer d’autres systèmes, notamment une université nord américaine. Bref, c’est le cauchemar et la honte. Surtout la honte. C’est comme l’herpès. On se dit dit que c’est bien dégueulasse et que ça n’arrive qu’aux autres. On se fou bien de leurs gueules dans leurs dos et puis un matin vous voyez dans le miroir que vous avez la tronche qui suppure… Pour information, je n’ai pas d’herpès mesdames. C’était juste comme ça. J’aurai dû faire une autre analogie, comme… je ne sais pas… le racisme. Un matin vous vous levez et PAF! Vous êtes raciste… Non c’est naze aussi. Vous avez compris de toute façon.

J’ai épeluché tout mon système, il était clean. Je n’ai pas fait de connerie. Il n’empèche que petite salope est rentré. Il y a peut être été en force brut. J’ai tout revérifié. J’ai rajouté une régle pour blacklister les ip un peu trop insitsantes. Ca évite au moins les attaques en force brute. Pour ceux que ça intéresse, voici la règle iptables (oui c’est sous linux).

iptables -I INPUT -p tcp --dport 22 -i eth0 -m state --state NEW -m recent --set
iptables -I INPUT -p tcp --dport 22 -i eth0 -m state --state NEW -m recent --update --seconds 600 --hitcount 3 -j DROP

Après deux connexions échouées sur le port 22 (ssh), l’IP est blacklistée pendant 10 minutes. Ca vaut ce que ça vaut, mais bon, au moins ça réduit la taille de mes logs. Il reste que je me suis bien fait couillonné. Le pire, c’est que je ne peux rien faire. J’irai bien scanner les IP louches que je vois dans mes logs, mais c’est inutile car ce ne sont que des relais. Les pirates ne sont plus des petits branleurs isolés dans leurs chambres. Nous parlons maintenant de crime organisé. Ils ont des méthodes très aux points pour mener des attaques en continu. Cet article (intéressant) montre qu’on a pas fini d’en chier. Fast flux, ils appellent ça. Les administrateurs ne peuvent que bloquer les attaques. Comment retrouver les sources avec autant de machines zombies. De toute façon, la contre-attaque est illégale, mais avec cette logique, on ne fait que repousser l’inévitable: le hack fatal. On devrait autoriser la méthode inspecteur Harry:

“Are you feelin’ lucky punk?“

Un mec essai de te hacker, tu lui balances un déni de service dans la gueule. Comment? En associant les moyens d’autres administrateurs. Un pour tous, tous pour un. Victime d’une attaque? Pas de problème, tous les potes balancent un gros déni de service sur la ou les sources. Oui, il faudrait créer une sorte de syndicat virtuel… Un peu comme les sopranos.

Fabrice

Fabrice est un mec cool. Il présente bien. Les femmes disent sans hésitations que c’est un beau gosse juste en face de leurs jules. Il a les cheveux poivre et sel de la quarantaine qui approche. Sourire ravageur et toujours un brin fashion sans en faire trop. Il met en confiance. “Je peux pas vouvoyer quelqu’un plus de cinq minutes” me disait il lorsque je l’ai rencontré pour la première fois. C’était supposé être un entretien d’embauche, mais ça n’en avait vraiment pas la saveur. Toujours est il que quelques jour plus tard, j’étais embauché.

Il est humain parce qu’il m’a donné ma chance. J’étais au chômage depuis un peu trop longtemps à mon goût. Il m’a sorti de la merde. Il faut bien reconnaître que je lui suis redevable. En plus tout le monde dans sa boite est super sympa. Il y a une bonne ambiance. Même sa meuf travail pour lui. Catapulté directrice financière. C ne veux pas dire grand chose dans une boite de moins de 20 personnes et qu’on sait rien faire de ses 10 doigts. Elle a une petite dizaine d’années de moins que lui. Elle a un cul! Mais bon, elle est sympa avec moi. Je me méfie toujours des personnes qui veulent mon bien, surtout quand je ne les connais pas. C’est peut être juste parce que j’ai son âge.

Le boulot se passe bien. Je leur refait une informatique clean et je gère tous les problèmes qui son de moins en moins nombreux. Il me dit au bout de 2 mois qu’il est vraiment content de mon boulot, que je suis sympas et que tout le monde m’apprécie. A cette époque, j’avais déja un mois de retard sur mon salaire qui n’a d’ailleurs jamais été aussi bas depuis que j’ai terminé mes études. Inquiétant parce que le deal à mon embauche était que les augmentations devaient arriver au bout de 6 mois. Je ne pensais pas que le retard s’allongerait encore…

Hunter S Thompson disait de Nixon qu’il pouvait vous serrer la main et vous poignarder dans le dos en même temps. Fabrice peux faire pareil et t’enfiler en plus. C’est avant tout un mec égocentrique, faux et incompétent déguisé en play-boy humaniste. Je ne lui dois rien du tout. Il se persuade de son statut de bienfaiteur, c’est plus facile pour se regarder dans la glace. Mais ce n’est qu’un enculé de la pire espèce.

Quand il voit que je suis sur le point d’exploser, il m’engueule parce que ça fou une sale ambiance. Quand je lui explique qu’au chômage je bouffais des clopinettes mais qu’au moins je payais le loyer il me dis que le business est difficile mais que ça va s’arranger. Il revenait tout juste de ses vacances au Maroc. Il s’en fou, je suis bien con et mon boulot est fait correctement. Il trouve quand même le moyen de dire, notamment à mon coloc’ et pote d’enfance, qu’il est déçu par mon attitude.

Je ne suis de toute façon pas seul. Il embauche du monde alors que ses employés sont payés au lance pierre et en retard. Biensur, il leur promets un peu tout ce qu’ils veulent sans jamais y faire quoi que ce soit dès que ça rogne dans sa part du gâteau. Lorsque les démissions tombent, ses mots son simples et directs: “C’est dommage, t’aurais été augmenté le mois prochain”.

Il est amusant de voir que lorsque quelqu’un est réellement incompétent, son attitude est invariable: tape sur l’épaule et sourire paternaliste. Forcément, une lettre recommandée assassine envoyée à une simple secrétaire énumérant une suite de fautes et reproches divers évite de foutre une sale ambiance. Ca évite de dire les choses en face. Pas téméraire pour deux sous le fumier. Etrangement, le contenu du courrier correspondrait parfaitement à ce que sa pouffe de copine fait à longueur de journée.

Il n’a jamais rien pu me dire. En fait, il est mal à l’aise parce que ses conneries, ça ne prend pas avec moi. Son karma est encore plus daubé qu’une décharge municipale. J’ai toujours eu la conviction que l’on récolte toujours ce que l’on sème. Je trouve que ça tarde un peu en ce qui le concerne. Maintenant, je n’ai pratiquement plus à le croiser. Je me sens mieux au boulot même si je cherche quand même autre chose. J’ai cette étrange sensation , un peu comme lorsqu’on vient de se mettre deux doigts au fond de la gorge pour se faire vomir un soir de méchante cuite: ça dessaoule pas, mais ça soulage.